Langues australiennes (Territoire australien du Nord) (par Shüdyr)

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Langues australiennes (Territoire australien du Nord) (par Shüdyr)

Message par Admin le Sam 7 Juin - 0:23

Le warlpiri

Notes linguistiques :

Le warlpiri est pratiqué par quelque trois mille personnes en Australie et plus précisément dans le Territoire du Nord (Northern Territory). Il fait partie des langues dites ngarrkiques, elles-mêmes rattachées à la branche sud-ouest de la famille pama-nyungan. En termes de locuteurs, c'est l'un des langages aborigènes les plus pratiqués sur tout le continent australien.

Voici la carte de l'aire géographique dans laquelle il se situe : http://en.wikipedia.org/wiki/File:Warlpiri_map.png

Les connecté(e)s qui voudraient en savoir plus auront tout intérêt à se rendre ici : http://www.anu.edu.au/linguistics/nash/aust/wlp/


– Bonjour : yuwa
– Salut : yuwa
– Bonsoir ; au revoir : ngulajuku
– À bientôt : ngakarnangku nyanyi (littéralement : je te reverrai plus tard)
– Ça va bien ? : ngurrju mayinpa?
– Ça va ; je vais bien : ngurrjurna
– Ça ne va pas ; je ne vais pas bien : majurna
– Qui es-tu ? : ngananpa nyuntuju?
– Comment t'appelles-tu ? : nyiya nyiyanpa?
– Je suis Nangala (prénom féminin) : ngajurna Nangala
– Je sais : pinarna
– Je ne sais pas (je ne l'ai jamais appris) : ngurrparna
– Je ne sais pas (j'ignore ce dont on me parle) : karija
– S'il te plaît ; s'il vous plaît : [intraduisible : équivaut à l'impératif du verbe]
– Merci : wiyarrparlunpajuyungu
– Excuse-moi ; excusez-moi : wiyarrpa ; karnuru (région de Willowra)
– Oui : yuwayi
– Non : kula ; lawa ; walku (région de Lajamanu)


Les chiffres :

– 0 : (n'existe pas : on emploie l'anglais zero)
– 1 : jinta
– 2 : jirrama
– 3 : marnkurrpa ; wirrkardu
– 4 : mirdi ; murntu
– 5 : rdaka(pala)
– 6 : jika(pala)
– 7 : wirlki(pala)
– 8 : milpa(pala) ; mapurlu
– 9 : narntirnki(pala) ; kartaku
– 10 : karlarla(pala)


Notes relatives à la prononciation :

La langue étant transcrite phonétiquement, elle est de ce fait très simple à lire :

- /j/ = [dž] (comme dans l'anglais jazz mais avec un point d'articulation plus doux, plus arrondi)
- /ng/ = [ŋ] (comme en allemand dans le mot Sänger)
- /r/ = [r] (roulé très rapidement)
- /w/ = [w] (comme en anglais dans while)

Quatre groupes consonantiques un peu particuliers :
- /rd/ = battue rétroflexe voisée [r] => http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/87/Retroflex_flap.ogg
- /rl/ = spirante latérale rétroflexe voisée => http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/d1/Retroflex_lateral_approximant.ogg
- /rn/ = occlusive nasale rétroflexe voisée => http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/af/Retroflex_nasal.ogg
- /rt/ = occlusive rétroflexe sourde => http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/b0/Voiceless_retroflex_plosive.ogg

Du point de vue strictement phonologique, il faut noter que les Warlpiris ont tendance à « avaler » ces quatre groupes, un peu comme le font les locuteurs de certaines langues dravidiennes telles que le telegu ou le tamoul, ce qui peut rendre la compréhension difficile, lorsqu'on est encore néophyte. Ainsi, par exemple, le mot karnta (« femme ») tend à être articulé [karda], avec un [r] rétroflexe très bref, un peu comme en tamoul, ce qui ne sera pas sans surprendre et tendrait à accréditer la théorie hautement novatrice – et largement contestée ! – d'une ancienne contamination linguistique entre les langues australiennes et les dravidiennes...


Petite bibliographie :

– Steve Swartz (1997) - Warlpiri yimi kuja karlipa wangka. [a simplified Warlpiri Dictionary suited for use in the various Warlpiri Community Schools] 210pp. 2nd printing, November. SIL-AAIB Warlpiri Translation Project. ISBN 0-86892-435-0 / The Bible Place, Australian Society for Indigenous Languages Inc., 3/ 38 Elder St, PO Box 8794, Alice Springs NT 0871 / E-mail:  silalice@sil.org

– Christina Pentland (2004) - Stress in Warlpiri: stress domains and word-level prosody. A thesis submitted for the degree of Master of Philosophy, Linguistics program, School of English Media Studies and Art History, The University of Queensland, March 2004. xxv+243pp.

– Nick Riemer (2003) - Les nominaux dans les complexes verbaux du warlpiri. Actances (publication of CNRS research group Rivaldi-GDR 749: Relations intercatégorielles: les variations aspecto-temporelles et les structures diathétiques) 12,55-72.

– Mary Laughren, Robert Hoogenraad, Kenneth Hale & Robin Japanangka Granites (1996) - A learner's guide to Warlpiri - Wangkamirlipa warlpirilki. Tape course for beginners. Based on a tape course prepared by Kenneth Hale & Robin Japanangka Granites. Alice Springs: IAD Press. v+218pp., 5 audio cassettes. ISBN 0-94965-919

– David Nash (1986) - Topics in Warlpiri Grammar. Outstanding Dissertations in Linguistics. Third Series. ISBN 0-8240-5435-0 263pp. New York, London: Garland Publishing Inc.

– David Nash (1990) - Wakirti warlpiri ~ A short dictionary of Eastern Warlpiri with grammatical notes. Kunayungku, Tennant Creek, Alekarenge. Draft 5, May 1990. ts. 61pp.

– David Nash (2008) - Warlpiri verb roots in comparative perspective, pp. 221–234 in Morphology and language history: In honour of Harold Koch, edited by Claire Bowern, Bethwyn Evans and Luisa Miceli. Current Issues in Linguistic Theory 298

– Christina Pentland (2004) - Stress in Warlpiri: stress domains and word-level prosody. A thesis submitted for the degree of Master of Philosophy, Linguistics program, School of English Media Studies and Art History, The University of Queensland, March 2004. xxv+243pp.


Dernière édition par Admin le Sam 7 Juin - 0:26, édité 1 fois
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Message par Admin le Sam 7 Juin - 0:24

Le warumungu


Notes linguistiques :

Tout comme le warlpiri, le warumungu fait partie des langues de la macro-famille pama-nyungan. Comme ce dernier, il est régi par nombre de suffixes qui s'ajoutent notamment à la fin du thème verbal ou même parfois au tout-début, dans une moindre mesure. Le nombre de locuteurs de langue maternelle warumungu est estimé à environ 200.

Ses locuteurs vivent dans la région de Tennant Creek, au nord et à l'est d'Elliott, Marlinja, Kurnturlpara, Ngurrara, Wogayala et d'Alroy Downs, mais aussi au sein de diverses communautés comme Likarrapartta, Pingala et Jurntu Jungu, ainsi que du côté de Kurraya, Alekarenge, Karlinjarangi ou encore Jungkkaji, plus au sud. Eu égard à l'aspect pluri-linguistique de ces zones, les habitants sont le plus souvent polyglottes et donc capables de s'exprimer dans plusieurs idiomes locaux.

Le linguiste Robert Hoogenraad estimait que pas loin de 700 Aborigènes parlaient warumungu dans les années 90, la connaissance de la langue étant plus ou moins aboutie selon les personnes... Alors que les anciens le parlent couramment, peu d'enfants ou même de jeunes gens le pratiquent de façon régulière et fluide, de nos jours, malgré la mise en place d'écoles maternelles bilingues. Ce recul sensible ne cesse de croître depuis le début des années 80 et est en grande partie dû au fait que beaucoup d'Aborigènes ont été contraints à se sédentariser en zone citadine et anglophone... D'autre part, des différences sont à observer entre la langue des anciens et celle des jeunes, du point de vue phonétique, lexical et grammatical, phénomène qui touche la plupart des langues australiennes encore en usage sur le continent et qui se trouve en grande partie due à la contamination générée par l'anglais.


– Bonjour ; bonsoir, bonne nuit : yar
– Au revoir : akkil arnkuluku nyanjarl ; apala karn arnkulunku nyanjarl
– Comment vas-tu ? ; comment allez-vous ? : piliyi angi nyinta? ; piliyi angi?
– Où vas-tu ? ; où allez-vous ? : wanyantta angi apan? ; wanjatta angi apan?
– Qui es-tu ? ; qui êtes-vous ? : nyayi angi?
– Quel est ton/votre nom ? : nyayi angkinyi punttu?
– Je m'appelle *** : ajjinyi punttu ngini *** ; ajjinyi ngini wini ***
– Merci : piliyi (litt. : « bon »)
– Je m'en vais : partirrkarl arni
– C'est bon : kamarnta piliyi
– C'est mauvais : yiti
– De rien : warraku
– Laisse-moi tranquille ! ; laissez-moi tranquille ! : pangkala anganjju yama!
– Va t'en ! ; allez-vous en ! : watti apa!
– Attention ! : winjja!
– D'accord ; c'est tout : kamarnta (s'emploie pour manifester son assentiment avec son interlocuteur ou pour indiquer qu'on a terminé sa phrase)
– Oui : yaya ; yayawu ; yuwayi
– Non : warraku


Les chiffres :

– 0 : warraku
– 1 : yarnti
– 2 : kujjarra
– 3 : kujjarra yarnti (2 + 1)

Au-delà, c'est « beaucoup », julali ou wakkapi, en warumungu. L'usage est désormais d'employer les numéraux anglais...


Notes relatives à la prononciation & remarques d'ordre général :

Comme toutes les langues du continent australien qui étaient à l'origine strictement orales, on transcrit le warumungu au moyen des 15 lettres suivantes : a ; i ; g ; h ; j ; k ; l ; m ; n ; p ; r ; t ; u ; w ; y. Une voyelle doublée indique qu'elle est longue. À quelques exceptions près, l'accent tonique n'est pas très marqué et se porte le plus souvent sur la syllabe finale de chaque mot, comme en français...

– /a/ : prononcé [ø] comme en français dans beurre, sauf à l'initiale où il sonne comme le [a] de patte. Après /w/ et /rl/, il tend à s'infléchir comme le « o » ouvert du français folle ;
– /aa/ : long et articulé comme le [a:] du français pâte ;
– /j/ : son [dž] proche du « j » anglais de jar mais prononcé de manière très relâchée et beaucoup moins appuyée, la partie médiane de la langue venant se coller au palais ;
– /jj/ : son [tš] proche du « ch » espagnol de chico mais articulé de manière relâchée et beaucoup moins appuyée ;
– /ng/ : nasale [ŋ] semblable à celle de l'allemand dans Sänger ;
– /nk/ : même remarque que précédemment ;
– /p/ : ce phonème tend le plus souvent vers [b] ;
– /pp/ : prononcé comme le [p] français de poule ;
– /r/ : ressemble très fortement au « r » final américain de car, avec la pointe de langue remontant de manière arrondie vers le haut du palais, juste au-dessus des incisives supérieures :
– /rl/ : groupe de consonnes très proche de celui de l'anglais américain dans curl ;
– /rn/ : ces deux consonnes réunies se rapprochent très fortement de celles qu'on peut entendre dans le mot barn prononcé à l'américaine ;
– /rr/ : son semblable au « tt » avalé et quasiment rétroflexe des Américains lorsqu'ils disent butter ;
– /rt/ : groupe consonantique similaire à celui de l'anglais américain dans hard.

Les systèmes phonétiques du warumungu et du warlpiri sont très proches et l'on pourra se reporter aux liens suivants :

- /rl/ = spirante latérale rétroflexe voisée => http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/d1/Retroflex_lateral_approximant.ogg
- /rn/ = occlusive nasale rétroflexe voisée => http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/af/Retroflex_nasal.ogg
- /rt/ = occlusive rétroflexe sourde => http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/b0/Voiceless_retroflex_plosive.ogg

Lien utile qui conduit à un récit raconté par un Warumungu : https://www.batchelor.edu.au/callwebsite/studentpages/jj_folder/winkaralki.html


Bibliographie sommaire :

– A. Capell (vers 1950 ?) - Warumungu sound recordings, Phillip Creek - Man singing Warumungu Yam song

– A. Capell(1953) - Notes on the Waramunga language. Oceania 23, 296-311. * from interviews at Phillip Creek 1952

– Jeffrey Heath (1977) - Warramunga grammatical notes. Warramunga-English wordlist. Warramunga texts. Unpublished ts. Field tapes "65,66". Held at AIAS

– Jane Simpson (1980) - Preliminary vocabulary of the Warumungu language. Based on work by P. Chakravarti, K. Hale, J. Heath, D. Nash and J. Simpson. 51pp. ts. MIT

– Nicholas Evans (1982) - A Learner's Guide to Warumungu. Alice Springs: Institute for Aboriginal Development

– Jeffrey Heath & Jane Simpson (1982) - Warumungu sketch grammar: draft 4. Cambridge, Mass.: Massachusetts Institute of Technology and Harvard University. 216 p. Typescript (photocopy). AIAS MS 1860

– (2006) Learning Warumungu : a basic introduction (CD title: "Learn Warumungu"). Tennant Creek, Papulu Apparr-kari Aboriginal Corporation.

– Jane Simpson (1999 & 2002) - Jurrkkul munjuku Warumunguku ~ a learner's guide to Warumungu. Draft compiled for Papulu Apparrkari, 3 July 1997. 91pp. (édition révisée et refondue en 2002)
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Message par Admin le Sam 7 Juin - 0:25

Le kaytetye


Notes linguistiques :

Le kaytetye appartient au groupe dit arandic (arandique, en français) et se trouve pratiqué par quelque 250 locuteurs à trois cents kilomètres au nord d'Alice Springs. Il est de la même famille que l'arrernte, l'anmatyerr et l'alyawarr, en usage dans la même zone géographique. Ces quatre langues totalisent environ 4500 locuteurs qui représentent le continuum (l'ensemble linguistique) arandique.

Les limites de l'aire linguistique kaytetye sont Stirling Station (Ilewarr) au sud et Devil's Marbles (Karlwe-karlwe) au nord. Les localités principales où elle est parlée sont Neutral Junction (Artarre), Stirling (Ilewarr) et Ali Curung (Alekarenge).


– Bonjour, bonsoir, bonne nuit : nthakenhaye
– Au revoir : tneyele arewethawe
– Comment vas-tu ? : nthakenharrerane nge? (le vouvoiement n'existe pas...)
– Est-ce que ça va ? : ahenapeke?
– Qu'est-ce que c'est ? : wantepe nyartepe?
– Qu'y a-t-il ? : wantartaye? ; nthakenharrenke?
– D'où viens-tu ? : nthekarenye nge? ; ngepe nthekarenye?
– Comment t'appelles-tu ? : wantertame ngepe ekwepe?
– Que fais-tu ? : wante nte mpwarerrantye nhartepe?
– Où habites-tu ? nthekelarte ngepe anteyane?
– Parles-tu kaytetye ? : ngerteye angkemere kaytetye?
– Peux-tu me [le] traduire en kaytetye ? : ngerteye kaytetyetheye atnawerreynewethe?
– S'il te plaît ; s'il vous plaît : please (emprunt anglais)
– Je ne sais pas : rwengkawe
– C'est bien : mpelarte (littéralement : « de cette manière »)
– Merci : alkaperte (littéralement : « bien ») ; alkapertawe (même traduction avec une nuance exclamative)
– De rien : apeyakele (litt. : « rien »)
– Excuse-moi ; excusez-moi : sorry (emprunt à l'anglais)
– Oui : yawe ; yewe-yewe
– Non : apeyakele


Les chiffres :

– 0 : apeyakele (« rien ») ; zero (emprunté à l'anglais)
– 1 : awenyerre
– 2 : atherre
– 3 : arrkwentye

Après trois, l'usage est de recourir aux numéraux anglais car passé ce chiffre, c'est « beaucoup » : makwele [ma'kulœ] !
Ce trait culturel est inhérent à la plupart des langues de ce continent ou même à certaines langues « à clics » du groupe khoïsan (Afrique du Sud), élément marquant qui conduit beaucoup de spécialistes à penser que les langues khoïsannes et australiennes font partie des premières langues que l'humanité ait connues...


Notes relatives à la prononciation :

Comme toutes les langues du continent australien qui étaient à l'origine strictement orales, on transcrit le kaytetye au moyen des 14 lettres suivantes : a ; e ; g ; h ; k ; l ; m ; n ; p ; r ; t ; w ; y.

La remarque d'ordre général qu'on peut formuler est que la prononciation n'obéit pas à des règles vraiment déterminées et qu'elle peut varier d'un locuteur à l'autre, ce qui est souvent le cas pour les langues régies par l'oralité et non pas quelque système écrit que ce soit. L'accent tonique se porte généralement sur la syllabe qui comporte la première consonne du mot : alperre (feuille) = [al'perœ] ; kwarte (œuf) = ['kwardœ].

Sans entrer dans trop de détails fastidieux, voici les principales constantes qui se dégagent du point de vue phonétique :

– À l'initiale, /a/ disparaît dans certains mots à la condition qu'il n'entraîne pas de contresens : akelye (petit) peut donc être prononcé kelye mais atyerre (jeune frère ; jeune sœur) sera toujours articulé et entendu atyerre. En effet, dire tyerre équivaudrait à parler de ver de terre, ce qui n'a rien à voir...
– Le /e/ sonne fréquemment comme le [œ] du français peu et peut aller jusqu'à s'amuïr en position finale. En début de mot, devant un /n/ et devant les combinaisons débutant par un /n/, il est ouvert : [e].
– La semi-voyelle /w/ est le plus souvent prononcé comme un à part entière ; suivie de « e », elle s'allonge et conduit à la disparition de ce /e/ : pwenge (vieille femme) sonne ainsi : ['pu:ŋœ].
– Le /h/ n'est pas expiré, à la différence de l'anglais ou de l'allemand, et il allonge la voyelle qu'il suit.
– Les sourdes /k/ et /p/ se sonorisent parfois, notamment après /m/ : /k/ = [g] & /p/ = [b].
– Les combinaisons /kng/, /ng/ et /ngk/ sont nasales et se prononcent comme en anglais dans sing : [ŋ].
– Les /l/ et /n/ sont apico-vélaires et s'articulent avec le bout de la langue qui se tend en arrière et vient toucher la base des incisives supérieures.
– Le /t/ est lui aussi apico-vélaire et légèrement expiré, un peu comme en anglais.
– La combinaison /lye/ se rapproche fortement du /l'/ mouillé du russe dans учитель, par exemple.
– La combinaison /tye/ s'entend comme un « t » mouillé très proche du « ć » polonais dans chodzić.
– Le point d'articulation de /lh/, /nh/ et de /th/ se situe en arrière des incisives supérieures, le devant de la langue venant se placer sur la face interne des dents.
– Après /n/, /th/ se sonorise souvent : /nth/ = [nd] : nthelarte (là-bas) = ['ndelart].
– Les combinaisons /rl/, /rn/ et /rt/ sont rétroflexes, la langue remontant en arrière et de façon incurvée pour toucher l'avant du palais.
– Le /r/ tend à ne pas être roulé avant /t/ et ressemble beaucoup au /r/ américain de water...

Des variations phonétiques, lexicales et même grammaticales peuvent être observées au sein de la communauté désormais réduite à deux cent cinquante âmes : les jeunes utilisent parfois d'autres mots que la vieille génération et vont jusqu'à articuler les phonèmes différemment, voire jusqu'à procéder autrement que les anciens, concernant certains aspects grammaticaux... L'exemple le plus connu concerne le vocable apereynenke (prendre) qui a tendance à être prononcé apeynenke par la jeune classe...


[u]Remarques d'ordre général
:

Les adultes qui s'adressent à leurs enfants utilisent généralement une autre façon de s'exprimer que lorsqu'ils communiquent entre eux : leurs mots sont souvent plus courts et la prononciation différente. Existent également des façons de s'exprimer qu'on pourrait qualifier de cryptées, ou de secrètes (la spécialiste du kaytetye Myfany Turpin parle de secret ways of speaking), et qui sont en usage uniquement chez les hommes initiés.

De même, des mots spécifiques sont employés pour s'adresser à sa famille, ce qui peut entraîner des cas extrêmes comme celui concernant les gendres et leurs belles-mères qui ne peuvent s'adresser directement l'un à l'autre : dans ce cas, ils font appel à un intermédiaire, ce qui n'est pas sans rappeler les degrés de politesse du coréen ou du japonais qui peuvent générer des complications similaires...

Sans parler de l'usage des skin names (littéralement : « noms de peau »), code social complexe qui explique que les Aborigènes aient souvent jusqu'à cinq ou six prénoms...

Ces traits linguistiques très particuliers sont communs à nombre de langues australiennes et austronésiennes...


Bibiographie sommaire :

A learner's guide to Kaytetye par Myfany Turpin (Institute for Aboriginal Development Press, 2000)
* Site de l'auteur : http://www.uq.edu.au/emsah/index-new.html?page=59153&pid=2470
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